Chirurgie : L’anesthésie et le réveil

Extrait de l’e-book « Mieux vivre son opération et avoir moins peur » de Magali Badolo, infirmière.

Pour en savoir plus cliquer ici : «  Mieux vivre son opération et avoir moins peur» selon Magali Badolo

J’ai souvent entendu des patients me dire : « La chirurgie ne m’inquiète pas, mais j’ai peur de ne pas me réveiller… »

Ou encore : « j’ai peur de me réveiller au milieu de l’intervention.»

Voici quelques explications pour vous faire comprendre ce qu’est l’anesthésie et comment elle se déroule.

La consultation d’anesthésie

Quelques jours avant l’intervention, vous rencontrez le médecin anesthésiste lors d’une consultation. Il vous explique le type d’anesthésie dont vous allez bénéficier ainsi que son déroulement.

Il fait le point avec vous sur :

  • vos médicaments
  • vos antécédents médicaux
  • vos antécédents familiaux
  • vos allergies

Il ausculte :

  • votre cœur
  • vos poumons
  • vos veines
  • votre bouche et votre cou (pour vérifier les critères d’intubation)

Si nécessaire, il peut vous prescrire des examens complémentaires : électrocardiogramme ou prise de sang par exemple.

Il existe trois types d’anesthésie :

L’anesthésie locale

Pour endormir une zone limitée de la peau, l’anesthésie locale est souvent utilisée pour les sutures des petites plaies et pour de la chirurgie dermatologique ou esthétique.

L’anesthésie locale bloque le message de la douleur au niveau des terminaisons nerveuses ce qui provoque une perte de sensibilité localisée.

Le chirurgien peut alors opérer, sans que vous ne ressentiez de douleur.

Elle ne nécessite pas l’intervention d’un anesthésiste.

Comment se passe l’anesthésie locale ?

Le médecin endort la zone sur laquelle il doit intervenir avec un anesthésiant local.

Il injecte ce médicament sous votre peau avec une aiguille sous-cutanée fine. Il teste ensuite toute la zone et vous demande de lui indiquer les endroits où vous sentez une légère piqure. Le chirurgien complète l’anesthésie locale si nécessaire.

Si vous avez déjà eu une anesthésie locale chez le dentiste, c’est le même principe.

Je ne vais pas vous mentir, vous sentez une douleur pendant les premiers instants de l’anesthésie locale. Ensuite, vous n’en ressentez plus aucune douleur pendant la durée de l’intervention.  

Vous aurez la sensation du toucher, mais pas de la douleur.

Si vous avez l’impression d’avoir mal, signalez-le au médecin qui ajoute de l’anesthésiant.

Des pommades anesthésiantes qui vous seront parfois prescrites par votre médecin pour prévenir la douleur de la piqure sous-cutanée. La crème s’applique au minimum 45 minutes de l’intervention.

Le seul moment douloureux (mais bref) est celui de l’injection du produit d’anesthésie. Concentrez-vous bien sur votre respiration : inspirez et expirez calmement et profondément.

L’anesthésie locorégionale

L’anesthésiste locorégionale est utilisée pour endormir une zone large ou un membre entier.

Il s’agit ici d’un arrêt total de la transmission des messages au niveau des nerfs de la moelle épinière. Vos nerfs baignent dans le produit anesthésiant et vous ne sentez aucune intervention sur la région endormie.

Quelles zones du corps sont concernées par l’anesthésie locorégionale ?

Il s’agit surtout des membres supérieurs et inférieurs.

Comment se passe l’anesthésie locorégionale ?

Le médecin anesthésiste injecte un produit anesthésiant et baigne les nerfs concernés. Pour cela, il utilise un échographe pour repérer les nerfs. C’est le seul moment désagréable puisqu’au final votre membre est totalement endormi, vous ne pouvez plus le contrôler.

Le temps d’anesthésie varie. Le dosage est adapté en fonction de la durée de la chirurgie et du temps souhaité par le médecin.

L’exemple de la chirurgie de la main :

En chirurgie de la main, vous récupérerez la sensibilité et la mobilité seulement quelques heures après la fin de l’intervention, petit à petit.

C’est tout à fait normal, il ne faut pas vous inquiéter. Cela laisse le temps à votre organisme d’assimiler le traitement antalgique que vous allez avaler, en prévention et pour éviter que la douleur ne s’installe, même si vous ne ressentez pas de douleur immédiate.

L’anesthésie générale

L’anesthésie générale est un état de perte de conscience provoquée par des médicaments. Le but et d’endormir votre corps en entier pour empêcher les mouvements et permettre la chirurgie. L’anesthésie bloque la douleur.

C’est un anesthésiste qui vous prend en charge : il est médecin spécialiste du système nerveux. Il est parfois assisté d’une infirmière anesthésiste.

Comment se passe l’anesthésie générale ?

On vous installe un cathéter sur le bras : il permet d’injecter des médicaments rapidement et à plusieurs reprises sans que vous n’ayez de ponctions veineuses à  chaque fois.

En général, l’anesthésiste vous explique tout ce qu’il fait et les sensations que cela va provoquer sur votre corps et votre esprit.

Au fur et à mesure que les produits passent dans votre sang, vous allez ressentir une sorte de chaleur dans tout votre corps, la sensation d’être engourdi.

Vous vous endormez petit à  petit.

La minute scientifique :

Voici les principaux produits anesthésiants et leurs actions

·         les hypnotiques agissent  sur le message d’inhibition de votre centre de réveil (qui gère les phases de réveil et de sommeil)

C’est ce produit qui provoque la perte de conscience

·         les morphiniques pour l’analgésie au niveau du système cérébral

·         les curares bouchent les récepteurs des muscles striés pour empêcher les mouvements.

·         le sufentanil pour bloquer la douleur

 

Question de patient : « Est-ce que je vais avoir un tube dans la gorge ? »

Cela dépend de la durée de l’intervention et de votre capacité ou non à respirer seul, en fonction de votre anesthésie.

Dans le cas d’anesthésies courtes, et “légères”, votre corps est capable d’avoir des mouvements respiratoires sans assistance.

Dans le cas d’anesthésies longues, l’anesthésiste, lorsque vous dormez, place une sonde d’intubation entre vos cordes vocales. Il adapte ensuite ce tuyau à un respirateur, une machine qui propulse de l’air et de l’oxygène dans vos poumons à une fréquence et un volume contrôlé par l’anesthésiste. C’est la ventilation artificielle.

Certaines fois, un masque étanche plaqué sur votre visage suffit.

C’est ici que vous devez comprendre l’importance d’être à jeun.

Comme je vous l’explique dans le chapitre sur la préparation, si votre estomac est plein, au moment de l’intubation vous pourrez avoir le réflexe de vomir, ce qui serait dangereux.

Que se passe-t-il pendant que vous dormez ?

Eh bien, tout le monde travaille pour vous ! 

Le chirurgien vous opère avec l’assistance des infirmières.

L’anesthésiste vous surveille et continue à injecter les produits dont vous avez besoin pour continuer votre rêve. Il surveille également tous vos paramètres vitaux sur le moniteur et injecte des antalgiques afin de prévenir la douleur.

 

L’astuce de l’infirmière

Ayez une belle image dans la tête avant de vous endormir, un endroit paisible ou vous aimeriez être, un souvenir agréable.

Vous allez peut-être ressentir une sensation de chaleur dans tout le corps… et vous endormir progressivement, avec votre belle image en tête.

Le réveil : quand et comment?

C’est l’anesthésiste qui décide du moment de votre réveil. Il n’y pas de risque de vous réveiller pendant la chirurgie.

À la fin de l’intervention, plus aucun produit anesthésiant n’est administré. Vous entrez alors en phase de réveil. De manière progressive, vous reprenez spontanément une respiration naturelle.

Vous vous réveillez tout doucement, en salle de réveil, où les infirmiers continuent à surveiller tous vos paramètres vitaux, comme pendant l’intervention.

Vous restez un moment plus ou moins long en salle de réveil, en fonction de la durée de votre anesthésie et de votre phase de réveil.

Vous n’aurez aucun souvenir de ce qui s’est passé pendant l’anesthésie. C’est ce qui perturbe parfois : la sensation de perte de contrôle.

Si vous êtes intubé, les infirmières vous retirent le tuyau lorsque vous retrouvez une respiration autonome. Très souvent, vous ne vous souviendrez pas de ce moment. L’intubation peut provoquer une petite douleur dans la gorge ainsi qu’un gout désagréable dans la bouche.

Dès que vous reprenez conscience et que vous pouvez parler, les infirmières vous demandent de noter votre douleur sur une échelle de 0 à 10 pour adapter les traitements.

Pour mieux comprendre, lisez le chapitre consacré à la douleur.

Dans le cas où vous ne pourriez pas encore vous exprimer ou que vous ne seriez pas totalement réveillé, les infirmiers détectent les symptômes de la douleur en observant les mimiques sur votre visage et les positions que vous prenez.

Quoi qu’il en soit, un ou plusieurs traitements contre la douleur vous sont systématiquement administrés en salle de réveil.

Parfois, vous aurez la possibilité d’utiliser une pompe à morphine. Cette pompe délivre des doses de morphine en continu et/ou à la demande (à l’aide d’un bouton) par votre cathéter.

Pas d’inquiétude ! La pompe est paramétrée pour un dosage maximum à ne pas dépasser sur un temps donné, il n’y a donc pas de risque de surdosage !

Extrait de l’e-book « Comment mieux vivre son opération et avoir moins peur » de Magali Badolo, infirmière.

Pour en savoir plus cliquer ici : « Comment mieux vivre son opération et avoir moins peur» selon Magali Badolo

J’ai souvent entendu des patients me dire : « La chirurgie ne m’inquiète pas, mais j’ai peur de ne pas me réveiller… »

Ou encore : « j’ai peur de me réveiller au milieu de l’intervention.»

Voici quelques explications pour vous faire comprendre ce qu’est l’anesthésie et comment elle se déroule.

La consultation d’anesthésie

Quelques jours avant l’intervention, vous rencontrez le médecin anesthésiste lors d’une consultation. Il vous explique le type d’anesthésie dont vous allez bénéficier ainsi que son déroulement.

Il fait le point avec vous sur :

  • vos médicaments
  • vos antécédents médicaux
  • vos antécédents familiaux
  • vos allergies

Il ausculte :

  • votre cœur
  • vos poumons
  • vos veines
  • votre bouche et votre cou (pour vérifier les critères d’intubation)

Si nécessaire, il peut vous prescrire des examens complémentaires : électrocardiogramme ou prise de sang par exemple.

Il existe trois types d’anesthésie :

L’anesthésie locale

Pour endormir une zone limitée de la peau, l’anesthésie locale est souvent utilisée pour les sutures des petites plaies et pour de la chirurgie dermatologique ou esthétique.

L’anesthésie locale bloque le message de la douleur au niveau des terminaisons nerveuses ce qui provoque une perte de sensibilité localisée.

Le chirurgien peut alors opérer, sans que vous ne ressentiez de douleur.

Elle ne nécessite pas l’intervention d’un anesthésiste.

Comment se passe l’anesthésie locale ?

Le médecin endort la zone sur laquelle il doit intervenir avec un anesthésiant local.

Il injecte ce médicament sous votre peau avec une aiguille sous-cutanée fine. Il teste ensuite toute la zone et vous demande de lui indiquer les endroits où vous sentez une légère piqure. Le chirurgien complète l’anesthésie locale si nécessaire.

Si vous avez déjà eu une anesthésie locale chez le dentiste, c’est le même principe.

Je ne vais pas vous mentir, vous sentez une douleur pendant les premiers instants de l’anesthésie locale. Ensuite, vous n’en ressentez plus aucune douleur pendant la durée de l’intervention.  

Vous aurez la sensation du toucher, mais pas de la douleur.

Si vous avez l’impression d’avoir mal, signalez-le au médecin qui ajoute de l’anesthésiant.

Des pommades anesthésiantes qui vous seront parfois prescrites par votre médecin pour prévenir la douleur de la piqure sous-cutanée. La crème s’applique au minimum 45 minutes de l’intervention.

Le seul moment douloureux (mais bref) est celui de l’injection du produit d’anesthésie. Concentrez-vous bien sur votre respiration : inspirez et expirez calmement et profondément.

L’anesthésie locorégionale

L’anesthésiste locorégionale est utilisée pour endormir une zone large ou un membre entier.

Il s’agit ici d’un arrêt total de la transmission des messages au niveau des nerfs de la moelle épinière. Vos nerfs baignent dans le produit anesthésiant et vous ne sentez aucune intervention sur la région endormie.

Quelles zones du corps sont concernées par l’anesthésie locorégionale ?

Il s’agit surtout des membres supérieurs et inférieurs.

Comment se passe l’anesthésie locorégionale ?

Le médecin anesthésiste injecte un produit anesthésiant et baigne les nerfs concernés. Pour cela, il utilise un échographe pour repérer les nerfs. C’est le seul moment désagréable puisqu’au final votre membre est totalement endormi, vous ne pouvez plus le contrôler.

Le temps d’anesthésie varie. Le dosage est adapté en fonction de la durée de la chirurgie et du temps souhaité par le médecin.

L’exemple de la chirurgie de la main :

En chirurgie de la main, vous récupérerez la sensibilité et la mobilité seulement quelques heures après la fin de l’intervention, petit à petit.

C’est tout à fait normal, il ne faut pas vous inquiéter. Cela laisse le temps à votre organisme d’assimiler le traitement antalgique que vous allez avaler, en prévention et pour éviter que la douleur ne s’installe, même si vous ne ressentez pas de douleur immédiate.

L’anesthésie générale

L’anesthésie générale est un état de perte de conscience provoquée par des médicaments. Le but et d’endormir votre corps en entier pour empêcher les mouvements et permettre la chirurgie. L’anesthésie bloque la douleur.

C’est un anesthésiste qui vous prend en charge : il est médecin spécialiste du système nerveux. Il est parfois assisté d’une infirmière anesthésiste.

Comment se passe l’anesthésie générale ?

On vous installe un cathéter sur le bras : il permet d’injecter des médicaments rapidement et à plusieurs reprises sans que vous n’ayez de ponctions veineuses à  chaque fois.

En général, l’anesthésiste vous explique tout ce qu’il fait et les sensations que cela va provoquer sur votre corps et votre esprit.

Au fur et à mesure que les produits passent dans votre sang, vous allez ressentir une sorte de chaleur dans tout votre corps, la sensation d’être engourdi.

Vous vous endormez petit à  petit.

La minute scientifique :

Voici les principaux produits anesthésiants et leurs actions

·         les hypnotiques agissent  sur le message d’inhibition de votre centre de réveil (qui gère les phases de réveil et de sommeil)

C’est ce produit qui provoque la perte de conscience

·         les morphiniques pour l’analgésie au niveau du système cérébral

·         les curares bouchent les récepteurs des muscles striés pour empêcher les mouvements.

·         le sufentanil pour bloquer la douleur

 

Question de patient : « Est-ce que je vais avoir un tube dans la gorge ? »

Cela dépend de la durée de l’intervention et de votre capacité ou non à respirer seul, en fonction de votre anesthésie.

Dans le cas d’anesthésies courtes, et “légères”, votre corps est capable d’avoir des mouvements respiratoires sans assistance.

Dans le cas d’anesthésies longues, l’anesthésiste, lorsque vous dormez, place une sonde d’intubation entre vos cordes vocales. Il adapte ensuite ce tuyau à un respirateur, une machine qui propulse de l’air et de l’oxygène dans vos poumons à une fréquence et un volume contrôlé par l’anesthésiste. C’est la ventilation artificielle.

Certaines fois, un masque étanche plaqué sur votre visage suffit.

C’est ici que vous devez comprendre l’importance d’être à jeun.

Comme je vous l’explique dans le chapitre sur la préparation, si votre estomac est plein, au moment de l’intubation vous pourrez avoir le réflexe de vomir, ce qui serait dangereux.

Que se passe-t-il pendant que vous dormez ?

Eh bien, tout le monde travaille pour vous ! 

Le chirurgien vous opère avec l’assistance des infirmières.

L’anesthésiste vous surveille et continue à injecter les produits dont vous avez besoin pour continuer votre rêve. Il surveille également tous vos paramètres vitaux sur le moniteur et injecte des antalgiques afin de prévenir la douleur.

 

L’astuce de l’infirmière

Ayez une belle image dans la tête avant de vous endormir, un endroit paisible ou vous aimeriez être, un souvenir agréable.

Vous allez peut-être ressentir une sensation de chaleur dans tout le corps… et vous endormir progressivement, avec votre belle image en tête.

Le réveil : quand et comment?

C’est l’anesthésiste qui décide du moment de votre réveil. Il n’y pas de risque de vous réveiller pendant la chirurgie.

À la fin de l’intervention, plus aucun produit anesthésiant n’est administré. Vous entrez alors en phase de réveil. De manière progressive, vous reprenez spontanément une respiration naturelle.

Vous vous réveillez tout doucement, en salle de réveil, où les infirmiers continuent à surveiller tous vos paramètres vitaux, comme pendant l’intervention.

Vous restez un moment plus ou moins long en salle de réveil, en fonction de la durée de votre anesthésie et de votre phase de réveil.

Vous n’aurez aucun souvenir de ce qui s’est passé pendant l’anesthésie. C’est ce qui perturbe parfois : la sensation de perte de contrôle.

Si vous êtes intubé, les infirmières vous retirent le tuyau lorsque vous retrouvez une respiration autonome. Très souvent, vous ne vous souviendrez pas de ce moment. L’intubation peut provoquer une petite douleur dans la gorge ainsi qu’un gout désagréable dans la bouche.

Dès que vous reprenez conscience et que vous pouvez parler, les infirmières vous demandent de noter votre douleur sur une échelle de 0 à 10 pour adapter les traitements.

Pour mieux comprendre, lisez le chapitre consacré à la douleur.

Dans le cas où vous ne pourriez pas encore vous exprimer ou que vous ne seriez pas totalement réveillé, les infirmiers détectent les symptômes de la douleur en observant les mimiques sur votre visage et les positions que vous prenez.

Quoi qu’il en soit, un ou plusieurs traitements contre la douleur vous sont systématiquement administrés en salle de réveil.

Parfois, vous aurez la possibilité d’utiliser une pompe à morphine. Cette pompe délivre des doses de morphine en continu et/ou à la demande (à l’aide d’un bouton) par votre cathéter.

Pas d’inquiétude ! La pompe est paramétrée pour un dosage maximum à ne pas dépasser sur un temps donné, il n’y a donc pas de risque de surdosage !

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