La réflexologie par Anthony Boutonnet

Anthony Boutonnet, reflexologue, a pris le temps de répondre à quelques questions pour nous expliquer la réflexologie, son travail et ce que cette discipline peut apporter à une personne atteinte du Cancer.

Anthony Boutonnet sur le net :

www.reflexomontpellier.fr

Instagram : @anthony_boutonnet_reflexologue

Facebook : Réflexologie Montpellier – Anthony BOUTONNET

Merci beaucoup Anthony

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Anthony Boutonnet.

Je suis réflexologue plantaire et palmaire selon l’énergétique Chinoise et la méthode Mireille Meunier.
Mon cabinet se situe sur la commune de Mauguio-Carnon, dans l’Hérault, en toute première couronne de Montpellier.
Je reçois à mon cabinet sur Mauguio et occasionnellement  au sein de l’institut « Essentiel Santé » à Montpellier, spécialisé en soins onco-esthétiques, proche de la clinique Clémentville.

Je suis spécialisé dans la réflexologie du sport et dans les soins réflexologiques adaptés à l’oncologie ou encore à la maladie de Lyme.

Pouvez-vous m’expliquer ce qu’est la réflexologie ?

La réflexologie plantaire est une médecine naturelle, vieille de 5000 ans, qui trouve ses origines en Chine. On trouve également trace de techniques de soins par les pieds dans diverses cultures comme en Inde, en Egypte ou encore en Amérique du sud.

En occident, la réflexologie contemporaine trouve ses racines dans les travaux du Dr William Fitzgerald. Ce médecin ORL Américain a fait la correspondance entre certaines zones des pieds et des mains et le reste du corps. Il a publié en 1917 « La Thérapie des zones« . Ses travaux seront repris plus tard dans les années 30 par Madame Eunice Ingham, kinésithérapeute et ancienne assistante du Dr Fitzgerald. Elle établit alors une cartographie précise des pieds que l’on utilise encore aujourd’hui pour la correspondance entre les zones des pieds et le corps humain. 

La réflexologie part donc du principe que l’ensemble du corps humain est représenté sur les pieds, notamment sous la voûte plantaire. Ainsi, chaque partie du pied correspond à un organe, un viscère ou encore une partie du corps.

La réflexologie part donc du principe que l’ensemble du corps humain est représenté sur les pieds, notamment sous la voûte plantaire. Ainsi, chaque partie du pied correspond à un organe, un viscère ou encore une partie du corps. Nous retrouvons pas moins de 60 zones dites réflexes sur les pieds, et pas moins de 7200 terminaisons nerveuses.

Le principe est d’envoyer des « stimulis » au corps par influx nerveux, grâce à un toucher spécifique dit « réflexe » sur les zones de chaque pieds. La consistance des tissus indiquent au réflexologue quelles sont les zones du corps qui ont besoin d’être traitées.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classifie la réflexologie en tant que Médecine Alternative Complémentaire (MAC).[…] En France, le métier de Réflexologue est reconnu, mais il reste classé parmi les métiers du bien-être bien que l’OMS parle de Médecine Complémentaire

Il existe également d’autre techniques que la réflexologie plantaire, telles que la réflexologie palmaire, faciale ou encore auriculaire.L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classifie la réflexologie en tant que Médecine Alternative Complémentaire (MAC). Sa reconnaissance est très inégale selon les pays. En France, le métier de Réflexologue est reconnu, mais il reste classé parmi les métiers du bien-être bien que l’OMS parle de Médecine Complémentaire.

Que peut apporter la réflexologie a une personne atteinte d’un Cancer ou ayant eu un Cancer ?

Les traitements médicamenteux ont malheureusement très souvent des effets secondaires. Sur le plan physique déjà, tel que fatigue, nausées, vomissements, diarrhées etc. L’impact émotionnel est également très fort.

La réflexologie intervient en complément des traitements spécifiques au cancer pour aider la personne à mieux supporter ces effets secondaires et également à se sentir soutenu au niveau émotionnel et mental.

La séance permet d’établir un dialogue et ainsi d’être dans un accompagnement verbal auprès de la personne. La sensation de mieux-être intervient généralement de façon quasi instantanée et la personne libère souvent des mots non exprimés jusqu’alors.

Même s’il n’existe pas de consensus affirmant le rôle des facteurs psycho-émotionnels sur l’apparition d’un cancer, ne pas tenir compte de l’implication du psychisme et des émotions me paraît irrationnel.

Des études récentes ont mis en avant les liens très étroits entre les émotions et la maladie. Même s’il n’existe pas de consensus affirmant le rôle des facteurs psycho-émotionnels sur l’apparition d’un cancer, ne pas tenir compte de l’implication du psychisme et des émotions me paraît irrationnel. Si une séance peut permettre de libérer des tensions au niveau corporel, de permettre une meilleure tolérance au traitement, et de mieux gérer la maladie mentalement, alors c’est une excellente chose ! 

Enfin, pour une personne en post-cancer, la réflexologie permettra de maintenir l’équilibre général de la personne.

L’approche de la réflexologie que j’utilise, celle de la Médecine Traditionnelle Chinoise, considère la personne dans sa globalité: corps, mental et émotionnel. Selon cette vision, quand les symptômes apparaissent, c’est qu’il y a un déséquilibre en amont déjà installé depuis longtemps.

Je conseille donc aux personnes d’entretenir leur équilibre global de façon régulière pour être davantage à l’écoute de leurs corps, de leurs ressentis émotionnels et ainsi de participer à leur équilibre intérieur. Cela passe par une bonne alimentation pour certains, du sport pour d’autres, du yoga ou encore de la réflexologie pour d’autres. Chacun doit trouver sa propre méthode, la ou les techniques qui lui conviennent le mieux.

L’avantage de la réflexologie, c’est justement d’agir sur l’intégralité du corps humain au cours d’une séance (système digestif, système neurovégétatif, cardiovasculaire etc.) tout en ayant une profonde action de détente et de bien-être visant à mieux gérer son état émotionnel. Elle a vocation à stimuler les fonctions naturelles d’autorégulation du corps. 

Comment devient-on réflexologue?

Déjà par affinité. Tout le monde n’entend pas manipuler des pieds à longueur de journée (rires). Mais l’approche paraît très intuitive en général pour celles et ceux qui décident de devenir réflexologue. De mon expérience, j’ai souvent rencontré des personnes qui recherchaient un nouveau sens à leur carrière professionnelle, donc dans le cadre d’une reconversion. Cela a été mon cas. Ceci dit, je garde le souvenir de « masser » les pieds de ma mère étant enfant sans même savoir ce qu’était la réflexologie mais en conscience d’apporter un réel bien-être. Preuve en est, elle s’endormait ! (rires à nouveau) 

Mon action était très intuitive, d’où cet avis très personnel. Mais à chaque praticien son histoire, je ne peux évidemment généraliser.

En France, le métier de réflexologue a manqué de reconnaissance pendant de trop longues années, et beaucoup de formations ont émergées, permettant à certain(e)s de se définir comme Réflexologues mais sans pour autant bénéficier d’un apprentissage digne de ce nom. Je conçois difficilement que l’on puisse se former à partir de vidéos sur internet ou encore à distance, malgré toute la bonne volonté que l’on puisse y investir.

Aujourd’hui, le fait que le métier soit désormais reconnu en tant que tel, avec un titre inscrit au Registre National des Certifications Professionnelles (Niveau Bac +3/4) permet d’apporter une meilleure lisibilité et une crédibilité à l’ensemble de la profession.

Aussi grâce à l’action et au travail de réflexologues de renoms.

Je pense notamment à Mireille Meunier, célèbre auteure de nombreux ouvrages sur la technique, et qui fut à l’origine de la création de la Fédération Françaises des Réflexologues, dont elle a assuré la présidence de 1998 à 2000.

Formée à cette pratique en Allemagne, elle dispose du Titre de Heilpraktiker, titre obtenu après trois ans d’études et reconnu par l’Etat. Elle est bien entendu réflexologue RNCP ici en France et elle est une figure de proue pour toute personne s’intéressant à cette médecine naturelle.

Mireille Meunier forme les futurs réflexologues au sein de son école et le cursus qu’elle propose fait partie des rares à proposer une reconnaissance qualifiante au titre du RNCP.

C’est la formation que j’ai choisie pour apprendre la réflexologie car elle me semblait être la plus appropriée, la plus complète aussi car elle intègre l’approche orientale via l’énergétique Chinoise. 

J’ai suivi des formations complémentaires au sein de cette école auprès de sa co-formatrice Nathalie Thouly, notamment pour adapter mes soins dans le suivi oncologique ou encore dans la préparation et la récupération sportive.

Je pense également à Dominique Nardin-Gravier, infirmière et réflexologue Suisse, pour sa formation spécifique dans l’accompagnement de la maladie de Lyme. Ainsi qu’à Jézabel Gougeon, elle aussi réflexologue RNCP et auriculothérapeute, pour son initiation aux techniques complémentaires (réflexologie palmaire et auriculaire entre autres).

Je présenterai pour ma part un mémoire en Décembre prochain devant un jury de professionnels de la santé en vue de l’obtention de ce titre RNCP. Ce titre est pour moi un gage de professionnalisme, même s’il n’enlève en rien la compétence de plusieurs réflexologues en exercice qui ne le détiendraient pas. 

Comment se déroule une séance type?

Tout d’abord, le rendez-vous débute par un échange avec la personne consultante afin de déterminer le motif de sa visite, discuter de ses antécédents médicaux, des signes cliniques qu’elle peut ressentir (douleurs éventuelles ou effets secondaires d’un traitement en cours). C’est une anamnèse en quelque sorte.

Puis la séance débute par des manipulations de détente et de bien-être, car un pied détendu sera plus apte à recevoir le soin lors du travail de toucher réflexe sur les zones perturbées.

Il va de soi que l’action se fait à distance, par influx nerveux, et aucune action directe sur un organe ne se fait, d’autant plus dans le cadre d’un cancer.

Une séance dure en principe 1h, sauf si la personne ressent une gêne quelconque comme une réaction neuro-végétative importante, mais c’est exceptionnel et je ne l’ai vécu que rarement. Enfin, dans le cadre d’un suivi médical spécifique, le soin peut être plus court à la demande du médecin par exemple, notamment en structure, car bien entendu c’est le référent dans le suivi de son patient.

Il me semble important de souligner que la réflexologie n’est pas un substitut à tout traitement médical en cours, quel que soit le motif de la consultation.

Il me semble important de souligner que la réflexologie n’est pas un substitut à tout traitement médical en cours, quel que soit le motif de la consultation.

Dans un suivi oncologique, le réflexologue suivra donc les prérogatives du cancérologue. Si la séance doit être plus écourtée, elle ne se voudra pas moins efficace car il faut aussi prendre en considération la vitalité de la personne, son énergie, son état de fatigue. La prise en charge sera appropriée à chacun, avec beaucoup de douceur, tout en ayant une action efficace pour aider la personne à mieux tolérer son traitement. 

À quel rythme doit se faire le suivi?

Il est difficile de déterminer un rythme précis, car c’est au cas par cas. Il s’agit réellement d’un soin individualisé et personnalisé.

En prévention, je recommande de faire un soin au moins à chaque changement de saison, afin de permettre au corps un bon maintien de l’homéostasie. Ou dès lors que l’on ressent un stress important ou que l’on vit une situation émotionnellement forte.

Dans le cadre précis d’un cancer, je préconise un soin avant chaque cure. Pour permettre au corps une bonne assimilation des produits, mais également pour se détendre car c’est toujours un moment difficile à vivre. Un suivi de deux séances par mois me semble être le bon protocole à mettre en place pour permettre au corps de bien se préparer et de bien récupérer.

En général, je propose donc une séance la veille ou quelques jours avant une chimiothérapie et une seconde quelques jours après l’intervention, si cela est possible. Il faut être à l’écoute de la personne, et la personne doit être aussi à l’écoute de son corps et de ce qu’elle ressent. Rien n’est donc figé dans une case bien précise.

Est-ce que cela est payant ?

Oui car bien que notre métier soit reconnu, les soins réflexologiques ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale. Le montant varie d’une région à une autre mais en principe une séance sera facturée aux alentours de 50 à 60 €.

Certaines mutuelles prennent en charge le remboursement d’une ou plusieurs séances par an. Il ne faut donc pas hésiter à s’informer auprès d’elles.

Concernant les structures ou les hôpitaux, des soins complémentaires peuvent être proposés gratuitement aux patients, mais là encore, c’est au cas par cas.

Pour exemple, Nathalie Thouly, réflexologue RNCP sur Clermont-Ferrand, intervient tous les mercredis auprès de la Ligue et prodigue ainsi des soins aux personnes suivies en cancérologie.

J’inviterais donc les personnes concernées à se renseigner s’il existe des partenariats auprès d’associations, de structures médicales ou para-médicales, pour ainsi bénéficier gracieusement de ce type de soins de support.

Pour ma part et en l’absence de partenariats actuels, j’ai mis en place un système de forfait permettant aux personnes de bénéficier de tarifs dégressifs.

Intervenir comme le fait Nathalie Thouly à Clermont-Ferrand au sein d’une structure comme La Ligue me semble être un bel exemple d’initiatives à suivre. Je souhaite vivement que ce type de partenariats puissent s’étendre à l’ensemble du territoire dans un avenir proche pour ainsi apporter une aide au maximum de personnes qui en ont besoin. 

Partagez cet article

12+