Prescillia ou Prescillia_Mérylie

Prescillia, 27 ans et jeune maman,  se bat contre un cancer du côlon métastatique depuis 2016.

Merci Prescilla de nous partager ton histoire.

Instagram : @ prescillia_merylie

Facebook : Une rose et ses épines

 

Quelle était ta vie « avant » le Cancer ?

J’étais infirmière sur Toulouse de 2013 à Avril 2016. Fin avril 2016, je me suis séparée du papa de ma fille Mérylie née le 01 12 2014. 

En Avril 2016, je déménageais sur la Région Seine et Marne (d’où je suis originaire) pour rejoindre ma sœur jumelle infirmière également. J’avais un poste d’infirmière vacataire, une nouvelle maison et une nouvelle assistante maternelle pour ma fille.

Vie personnelle compliquée car séparation difficile pour mon ex conjoint.Mais pour moi, celle-ci a été une vraie renaissance physique et morale 😉. J’ai retrouvé ma famille près de moi, surtout ma sœur jumelle. 

Comment as-tu découvert ton Cancer ?

Je présentais depuis la veille de Noël 2015, des douleurs épigastriques (estomac), avec des difficultés pour manger. Les douleurs venaient et disparaissaient au bout de quelques jours. J’ai effectué une prise de sang basique qui était bonne, puis consulté plusieurs médecins, qui m’ont traité simplement par Gaviscon (période de stress : déménagement, séparation..).

Les douleurs ont perduré  durant le printemps sans trop d’inquiétude de ma part… 

La fatigue était présente mais je travaillais énormément, j’avais de longues journées (8h-20H). 

J’en parle à un médecin au travail, qui en rigolant, pense à une grossesse

Début Juillet, grosses douleurs côté droit : je ne pouvais plus dormir sur ce côté. J’en parle à un médecin au travail, qui en rigolant, pense à une grossesse. Impossible 😉 j’avais le sentiment d’avoir un  » cailloux » dans le ventre… Scanner passé, la manipulatrice du scanner était froide et distante et me demande d’aller consulter mon médecin. 

48h après les résultats tombent : ma sœur jumelle récupère les résultats sur l’hôpital de Provins (car je travaillais beaucoup). 

Le choc pour elle, enceinte de quatre mois de ma nièce, lorsqu’elle a lu le compte rendu médical (étant infirmière elle a de suite compris).

Tumeur primitive colon de trois centimètres, puis de nombreuses lésions secondaires foie et poumons.

Elle m’a appelé en pleurs, a appelé toute la famille…. Puis mon médecin qui m’a reçu de suite. J’ai été hospitalisée d’urgence sur trois jours pour effectuer une coloscopie et biopsie (sans anesthésie).

Mon dernier stage pré professionnel étudiante infirmière s’est réalisé dans ce service : onco- gastro entérologie. J’ai établi un mémoire de 93 pages sur la thématique du cancer gastro  entérologie  et du Jeune adulte. (Drôle de coïncidence)…

J’ai eu peur pour ma fille pour son avenir. Puis j’ai eu peur de m’endormir, lors des siestes et des nuits.

Je crois ne pas avoir réalisé de suite ce qui se passait en moi… J’ai eu peur pour ma fille pour son avenir. Puis j’ai eu peur de m’endormir, lors des siestes et des nuits. 

Ma famille a été très présente dès le début, et très aimante. 

Les infirmières rencontrées au CH de Meaux, m’ont de suite demandé « d’accrocher les wagons et d’y croire » elles ont été un gros Booster à la maladie.

J’ai débuté les soins en Août 2016, Chimiothérapie. 

J’ai donc pris la décision ce jour-là, de partir vivre sur la région Vannetaise, au calme, avec mon enfant.. (Ayant de la famille proche sur Vannes). Je ne regrette absolument pas mon choix car ma qualité de vie est plus agréable. 

J’ai été hébergé six mois, puis j’ai repris une maison avec ma fille. 

J’ai été en arrêt maladie du 13 Juillet 2016 au printemps 2019.

Actuellement en invalidité par la CPAM Cat 2, à mon grand désespoir.

Comment se passent les traitements ?

A chaque scanner des trois mois, sous chimiothérapie, les lésions diminuent. Puis lors des pauses ou Traitement per os tout ré augmente… Je fais le YOYO 😉

  • Août 2016 : Pose du PAC cathéter
  • Août 2016 : Début chimiothérapie 12 cures. => Janvier 2017. Perte de cheveux. Port du foulard.
  • Janvier 2017 => Avril 2017 4 mois d’essai thérapeutique Immunothérapie à Rennes.
  • Avril 2017 => Septembre 2017 : reprise de 11 cures de chimiothérapie.
  • Septembre  à Janvier 2018 : essai par comprimés XELODA (échec).
  • Janvier 2018 à Juillet 2018 : 11 cures de chimiothérapie
  • Août 2018 à Automne 2018 : 6 cures Avastin + folfiri (car Augmentation des lésions pulmonaires).
  • Automne 2018 : pause en attente d’essai thérapeutique : mise sous Per os longsurf comprimés jusque Février 2019 (grosses douleurs hépatiques)
  • Mars 2019 : reprise chimiothérapie à aujourd’hui (12 cures). 
  • Scanner le 2 Septembre 2019, puis rdv le 5 onco. En attente de la suite…

A chaque scanner des trois mois, sous chimiothérapie, les lésions diminuent. Puis lors des pauses ou Traitement per os tout ré augmente… Je fais le YOYO 😉 

Je supporte très bien les chimiothérapies, qui durent 3 jours tous les 12 jours. J’ai surtout souffert, des effets secondaires, liés au Vectibix Erbitux qui causent des folliculites boutons blancs douloureux sur le visage poitrine. (Effet visage brûlé pendant quelques jours). 

Traitement qui assèche les métastases puis le corps entier. 

J’ai plein de petits rituels visages, pour contrer les aphtes, depuis trois ans. Je pense avoir tout essayé pour lutter contre les effets secondaires désagréables : lithothérapie, homéo, HE, etc…

Depuis maintenant, deux ans et demi, je reçois des séances énergétiques ou hypnose afin de permettre à mon corps de s’auto guérir. Je ressens un bien être total lors de ses séances. (Diminution angoisses, récupération fatigue, apaisement brûlures au visage…). Je me suis donc formée également 😉. 

Je vois de réels bénéfices d’assimiler cette méthode à mes séances de chimiothérapie. (Scanners stables..). 

Comment a réagi ton entourage à l’annonce de ton Cancer ?

L’annonce du diagnostic a été difficile pour mes proches, mes amis, ma famille… Tant de larmes versées et beaucoup d’interrogations. On a eu peur, peur de me perdre… Mes sœurs ont été déboussolées mais présentes… très unies et soudées.

Ma famille a été bouleversée, il a fallu tout ré organiser : logement, accompagnement…

J’étais vacataire infirmière, CDD à la journée. Beaucoup d’émotions par mes collègues de Toulouse et de Seine et Marne qui sont toujours très présentes dans mon combat depuis trois ans.

Comment est ton quotidien aujourd’hui ?

Aujourd’hui j’ai une belle maison, j’ai refait ma vie avec Vincent, que j’ai rencontré le 14 Février 2018 au sein d’un restaurant, qui a deux enfants : il était serveur et moi cliente. Nous sommes donc au complet avec trois enfants à nous deux.

Je ne pensais jamais refaire ma vie avec quelqu’un à cause de ma maladie. Comme quoi la vie réserve de belles surprises. Il y a des hommes capables d’assumer et de vivre çà par amour.

Les soins sont entrés dans nos habitudes de vie, malheureusement, ainsi que pour ma fille.

Nous vivons avec les soins au quotidien, avec habitudes. Les soins sont entrés dans nos habitudes de vie, malheureusement, ainsi que pour ma fille. 

Chaque chimio me rappelle, et nous rappelle, la maladie. Mais nous arrivons à occulter celle-ci les autres jours de l’année 😉 

J’ai réussi à me détacher de cette maladie dans ma vie perso. Et continuer à vivre normalement.

Ma situation financière est plus compliquée étant en invalidité CAT 2 je perçois 700 euros par mois.

Il a fallu expliquer la maladie à ma fille, qui était jeune, 1 an et demie, et calmer ses angoisses, ses inquiétudes liées aux soins. Ainsi qu’à mes neveux et nièces du même âge.

J’ai plein de projets, des passions… Je crée actuellement mon outil de développement personnel : le tarot. Je suis passionnée par la cartomancie, la médiumnité (dons qui se sont développés pendant ma maladie). Et par les soins énergétiques. J’ai la chance d’avoir fait de belles rencontres dans ce milieu, qui m’accompagnent au quotidien dans mes soins.

Quel message aimerais-tu faire passer à une personne qui vient d’apprendre qu’elle a un Cancer ?

Ne jamais arrêter de croire en Vous, en vos capacités… en l’impossible.

C’est dans ces moments la qu’on s’aperçoit de nos forces démesurées.

Respire. Pense. Et crée la magie.

Ne jamais perdre espoir, toujours y croire. Il y a des hauts, des bas lors de la maladie. Des rires, des larmes… Continuer à voir la vie positive afin que celle-ci nous mène le plus loin possible.

Ne jamais arrêter de croire en Vous, en vos capacités… en l’impossible.

C’est dans ces moments la qu’on s’aperçoit de nos forces démesurées.

Respire. Pense. Et crée la magie.

Et quel conseil aimerais-tu donner à ses proches ?

C’est un accompagnement difficile, où parfois les mots manquent. Les émotions prennent le dessus. Il est important d’extérioriser la maladie par une activité, thérapie… 

Peut-on te suivre sur les réseaux sociaux ?

Oui, Une rose et ses épines (sur fb). Ou sur Instagram Prescillia Mérylie.

Prescillia

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