Cancer. Comment préserver sa fertilité ?

Les traitements contre le cancer peuvent entrainer une infertilité temporaire ou définitive. Chez les hommes, comme chez les femmes, pour les célibataires comme pour les couples, il existe des mesures préventives et des solutions si l’infertilité survient.

Quelques notions de biologie

Femmes

Les ovaires des femmes contiennent des ovocytes, ou ovules, qui sont des cellules sexuelles féminines qui interviennent dans la reproduction, les gamètes femelles. Lorsqu’un ovocyte est fécondé par un spermatozoïde, cela donne un embryon, qui lui-même, après croissance,  aboutira à la naissance d’un enfant.

            La fertilité chez la femme dépend du nombre d’ovules disponibles. A la naissance, les filles ont un stock d’ovocytes. C’est ce que l’on appelle la réserve ovarienne. À partir de la puberté, à chaque cycle menstruel, plusieurs ovocytes sont recrutés mais un seul deviendra mature, capable d’être fécondé. Au cours de la vie, cette réserve ovarienne diminue.

Hommes

Les spermatozoïdes sont des cellules reproductrices masculines, les gamètes males. À partir de la puberté, ils sont formés dans les testicules, et leur production est un phénomène continu. Il faut, environ, un peu plus de deux mois pour produire un spermatozoïde à partir des cellules souches. Ainsi, après la puberté, il y a toujours des spermatozoïdes matures dans le sperme.

Les causes d’infertilités

Femmes 

 

  • La chimiothérapie

La toxicité de la chimiothérapie dépend de différents facteurs, tels que la nature du traitement, la dose, ainsi que sa durée. Les médicaments tels que les agents alkylants, ont une action directement sur la maturation des follicules ovariens. C’est pourquoi, pendant la phase de traitement, le cycle menstruel des femmes est souvent modifié, allant parfois jusqu’à une aménorrhée (arrêt des règles). Cette interruption des cycles peut être transitoire, et reprendre quelques mois après l’arrêt des traitements, ou permanente. L’âge au moment du traitement est un facteur de risque, qui augmente après trente ans.

 

  • La radiothérapie

Ce traitement a un effet sur la fertilité, surtout lorsque les rayons sont dirigés dans la région des ovaires. Le type de radiothérapie (champ d’irradiation, dose etc.) influe aussi sur la fertilité. Et, tout comme pour la chimiothérapie, l’âge au moment du traitement est un paramètre important.  

Hommes 

  • La chimiothérapie

Les chimiothérapies ciblent les cellules qui se divisent rapidement, ce qui est responsable de certains effets secondaires, comme la perte des cheveux, mais aussi la production de sperme. La nature, la dose et la durée du traitement, mais aussi l’âge, indiqueront le risque de fertilité.

  • La radiothérapie

            De même, les critères du traitement par radiothérapie, et l’âge du patient sont des facteurs qui déterminent le risque d’infertilité.

Prévention et traitement de l’infertilité

Grossesse après cancer

Les traitements doivent être terminés depuis un certain temps avant d’essayer d’avoir un enfant : il est conseillé a une femme d’attendre au moins six mois afin de permettre au corps d’évacuer tous les produits et aux hommes deux ans, pour que le sperme se rétablisse.

            Le risque de rechute est plus important dans les deux ans. C’est pourquoi, suivant les cas, les médecins conseillent d’attendre deux à cinq ans, pour éviter qu’une récidive survienne pendant une grossesse.

Actuellement, la recherche estime que le risque de rechute n’est pas plus important après une grossesse, même après un cancer du sein.

Estimation de la fertilité

Afin d’estimer la fertilité, il est possible d’évaluer la réserve ovarienne en faisant un bilan sanguin, qui contient des marqueurs, ou bien de passer une échographie pelvienne.

Pour les hommes, la qualité du sperme est analysée au travers d’un spermogramme. Le test est facile à réaliser et se pratique en laboratoire.

Les solutions

Différentes solutions existent :

  • L’insémination artificielle 

Elle consiste à placer dans l’utérus les spermatozoïdes du partenaire qui ont été préalablement sélectionnés au départ d’un échantillon

  • Une FIV (Fécondation In Vitro).

C’est une technique qui permet de féconder un ovule avec un spermatozoïde en dehors de l’utérus. (In vitro : qui se passe à l’extérieur du corps de la patiente)

  • Le don d’ovocyte

Mais cette méthode est difficile en France, car peu de femmes font des dons, du fait de la législation en vigueur qui implique un don gratuit.

  • Le don de sperme
  • L’accueil des embryons

C’est le fait pour un couple de donner de manière anonyme un embryon surnuméraire congelé suite à une FIV. C’est une méthode utilisée pour les couples ayant une double stérilité définitive masculine et féminine.

Lorsque la femme n’ovule pas spontanément, ou que le taux de réussite est trop faible, ces techniques impliquent une stimulation des ovaires, qui doit être discuté dans certains cas, comme après un cancer du sein, avec les médecins afin d’évaluer les risques, et d’avoir des protocoles et une surveillance adaptée

La cryoconservation

Avant le début du traitement, il est possible de faire congeler des ovules, du tissu ovarien, et des spermatozoïdes

  • Femmes

La congélation d’ovocyte permet de conserver les cellules de la reproduction d’ovocytes et doit se faire, après induction par stimulation hormonale afin de recueillir un nombre suffisant d’ovocytes.

            Il y’a à ce stade deux possibilités : congeler les ovocytes seuls ou congeler les embryons après une Fécondation in vitro avec le sperme du conjoint. Ce processus a lieu trois semaines avant le début du traitement du cancer. Cette méthode a pour limite un démarrage rapide des traitements. Dans certains cas, la stimulation hormonale est contre indiquée. Les ovocytes immatures pourront être prélevés et congelés avant ou après maturation (MIV Maturation In vitro)

            La congélation de tissu ovarien est une technique qui consiste à prélever et congeler un ovaire ou une portion d’un ovaire. C’est une opération réalisée par célioscopie sous anesthésie générale. Le tissu congelé ne sera prélevé que si l’autre ovaire resté en place ne fonctionne plus correctement après le traitement.

La cryopréservation cause la perte d’un pourcentage non négligeable d’ovules congelés. Le risque d’infertilité avant traitement doit être bien évalué afin d’éviter la situation où une femme ne soit pas devenu stérile avec les traitements mais qui se retrouve à avoir perdu des ovules dans le processus de congélation.

  • Hommes

La congélation des spermatozoïdes se fait après recueil du sperme dans un contenant, qui sera congelé. Lors d’un désir d’enfant et en cas d’infertilité, le sperme, pourra être utilisé avec les techniques de procréations médicalement assistée. 

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