Chirurgie : Le quotidien dans un service de soins

Extrait de l’e-book « Comment mieux vivre son opération et avoir moins peur » de Magali Badolo, infirmière.

Pour en savoir plus cliquer ici :« Comment mieux vivre son opération et avoir moins peur» selon Magali Badolo

Voici les 24 heures de votre séjour dans un service d’hospitalisation. Le fonctionnement n’est pas tout à fait le même d’un établissement à l’autre. En général, cela se passe ainsi.

Les repas

Selon le type et l’heure de votre intervention, vous serez autorisé à manger la veille en fonction de votre type d’intervention et de l’heure de bloc opératoire.

Si vous devez avoir un régime spécifique lié à la chirurgie, la diététicienne de l’établissement se charge d’élaborer votre repas selon les consignes médicales.

Par exemple, les personnes opérées de l’intestin ont un régime adapté (sans résidu) alors que pour une chirurgie orthopédique il n’y a pas de régime particulier.

Vous avez une alimentation spécifique chez vous ? Pas de soucis, les diététiciennes et les hôtesses de restauration composent des repas adaptés : en cas d’allergies alimentaires, sans sucre, sans porc, sans lactose…

Vous avez une alimentation qui n’est pas compatible avec les repas servis à l’hôpital ? Liés à votre religion par exemple ?

En accord avec le médecin et les conseils de la diététicienne, votre famille peut vous apporter votre repas, le conserver dans un frigo et le faire chauffer sur place. Attention à la conservation !

Les heures de repas :

  • Matin : entre 7h et 8h
  • Midi : à 12h
  • Soir : entre 18h et 18h30 puis passage de la “tisane” plus tard selon les établissements.

Qui sert les repas ?

En général, ce sont les aides-soignantes et les agents de service qui vous apportent votre plateau et veillent au respect de vos consignes alimentaires.

Les visites et les accompagnants

Les visites sont en général autorisées de 13h à 20h.

Le matin est réservé aux soins de manière générale. Les visites ne sont donc pas autorisées. Elles sont bien sûr tolérées dans des cas particuliers. Il convient toujours de demander à l’équipe si cela est possible et à quel moment.

Par exemple, si vous revenez à 23h du bloc opératoire et que votre famille n’a pas pu vous voir, la plupart de mes collègues autoriseront une personne à vous rendre visite le matin pour vous faire un petit bisou.

Le nombre de visiteurs par chambre est limité à 2 ou 3 personnes, c’est très suffisant.

Pourquoi limiter les visites ?

  • Vous avez besoin de repos ! Le soutien de vos proches est effectivement très important, mais aussi très fatigant. Il n’est pas rare que des patients soient épuisés par les visites.
  • Si vous partagez votre chambre avec une autre personne, elle aussi a besoin de repos !

Si vous avez la possibilité de vous déplacer dans l’établissement, je vous encourage à le faire ! Profitez de ce temps de visite pour aller vous promener ou vous rendre à la cafétéria. C’est plus sympa que de rester dans la chambre et cela participe à votre rééducation !

Le cas particulier du service de réanimation et de soins intensifs : les horaires et consignes de visites sont plus stricts dans ces services. L’équipe vous renseignera à ce sujet.

Le téléphone

Votre famille ou vos amis veulent avoir de vos nouvelles à la sortie du bloc opératoire, et c’est bien normal ! Lors de l’entretien d’accueil, l’infirmière vous donne les numéros de téléphone du service.

Il est préférable qu’une seule personne appelle pour avoir de vos nouvelles et qu’elle fasse le relai au reste de vos connaissances. Aujourd’hui il est facile d’envoyer un message groupé.

Si cela est possible, vous pouvez communiquer avec vos proches avec le fixe ou votre portable.

Les soins

Le matin est le moment ou les équipes soignantes essayent de regrouper la majorité des soins.

Il y a deux possibilités pour votre toilette :

  • au lavabo avec un gant de toilette si votre santé ou les pansements complexes ne permettent pas une douche complète
  • dans la douche, s’il n’y a pas de contre-indications

Si vous êtes autorisé à vous lever sans accompagnement, vous pouvez faire votre toilette seul.

S’il vous est impossible de vous laver seul, les aides-soignantes et les infirmières sont là pour vous aider.

Au fur et à mesure, vous serez de plus en plus autonome.

Une surveillance régulière

Plusieurs fois par jour et nuit, l’équipe surveille :

  • votre douleur
  • votre tension
  • votre température
  • vos pansements
  • vos éventuels équipements (drains, cathéter…)

L’infirmière vous donne les médicaments dont vous avez besoin (antalgiques, antibiotiques…). Soit à avaler si possible, soit en perfusion par un cathéter.

Les médicaments contre la douleur sont administrés de manière systématique les premiers jours afin de prévenir l’apparition de la douleur. Rendez-vous au chapitre de la douleur pour plus d’informations.

Les pansements

C’est l’infirmière qui s’occupe de refaire vos pansements selon les consignes du médecin. Cela peut-être une fois par jour, plusieurs fois par jour, tous les deux jours ou simplement une surveillance de cicatrice laissée à l’air libre.

En général, las pansements sont refaits après votre toilette ou dès que possible en fonction de l’organisation du service.

La mobilisation, le mouvement

Selon votre intervention et les consignes médicales, vous aurez la possibilité, ou non, de vous lever rapidement.

La première fois que vous allez vous lever, ne le faites pas seul !

Attendez qu’un membre de l’équipe soit là pour vous accompagner et vous guider dans vos gestes.

Certains mouvements déclenchent la douleur, alors essayez de suivre les conseils de l’équipe pour adopter les bonnes postures.

Allez-y doucement, restez assis un moment au bord de votre lit et regardez droit devant vous.

J’insiste sur le “droit devant vous”, car si vous regardez par terre, vous êtes attiré par le sol et risquez la chute.

Si vous avez la tête qui tourne, ne vous levez pas et attendez que la sensation de malaise passe. Si cela persiste ou s’aggrave, recouchez-vous dans votre lit, il faudra réessayer plus tard.

Ne vous inquiétez pas, cela arrive et ce n’est pas grave : vous êtes resté un long moment couché et votre corps peut ne pas supporter temporairement le mouvement assis/debout.

Parfois, et en fonction de la géographie de la chirurgie, vous aurez besoin d’un kinésithérapeute.

De plus en plus, la rééducation est précoce pour permettre une meilleure récupération. Selon vos besoins, il peut y avoir une ou plusieurs séances par jour.

La sonnette

Vous avez à votre disposition une sonnette afin d’appeler l’équipe en cas de problème ou d’urgence. Vous pouvez (devez !) l’utiliser en cas de douleur, de malaise ou tout évènement qui nécessite une prise en charge rapide.

Évitez de l’utiliser pour des choses qui peuvent attendre (aller chercher votre magazine sur la table plus loin, par exemple…). Au moment où l’équipe passe dans votre chambre, essayez de regrouper vos demandes.

Les examens

Pendant votre séjour à l’hôpital, vous aurez peut-être des examens à passer : prises de sang, radios, consultations avec un spécialiste…

Certains se passent dans votre chambre, d’autres ailleurs dans l’établissement. Un brancardier vous accompagne lors de vos déplacements debout, en fauteuil roulant ou dans votre lit.

Les visites des médecins

Chaque jour, votre chirurgien ou l’un de ses confrères vous rend visite pour évaluer votre état de santé.

Il adapte votre traitement et vos protocoles de soins si nécessaire.

N’hésitez pas à lui poser vos questions.

En général, dans les établissements privés, vous avez contact uniquement avec votre chirurgien ou avec son associé.

Par contre, l’hôpital public est un lieu d’apprentissage pour les futurs médecins alors, bien souvent il y a plusieurs (voire un peu trop…) de personnes dans votre chambre pour la visite médicale.

Le chirurgien, les internes et les externes “étudient votre dossier” en direct, au pied de votre lit. Cela amuse certains patients, d’autres sont gênés. Si vous n’êtes pas à l’aise, n’hésitez pas à en parler au médecin, l’infirmière ou à au cadre de santé du service.

La nuit

Pensez à venir avec un petit réveil et installez-le sur votre table de nuit. Lorsque l’on est hospitalisé, on perd un peu la notion du temps.

L’équipe de nuit est généralement composée d’infirmières et d’aides-soignantes. Elles passent vous voir à intervalle régulier pendant la nuit.

La fréquence de passage dépend de votre intervention et de la surveillance nécessaire.

Qui travaille dans les établissements de santé ?

Beaucoup de personnes travaillent dans les structures de santé.

Vous en connaissez certaines, mais savez-vous en quoi consiste leur travail exactement ?

Voici une liste en vrac, sans hiérarchie, car chacun à son importance.

Les médecins : chirurgiens, spécialistes, radiologues, anesthésistes…

Les étudiants en médecine : internes, externes…

Les manipulateurs radio

Les agents de service hospitalier (en charge de l’entretien des locaux et de votre chambre)

Les hôtesses de restauration qui gèrent

Les préparateurs de plateaux-repas

Les agents de stérilisation qui lavent, préparent et stérilisent le matériel indispensable à votre chirurgie

Les brancardiers

Les infirmières

Les infirmières spécialisées : de bloc opératoire, anesthésistes…

Les infirmières spécifiques : hygiène, douleur, éducation du patient

Les aides-soignantes

Les lingères

Les agents de tri (organisation et acheminement des déchets)

Les pharmaciens

Les préparateurs en pharmacie

Les magasiniers (réception et organisation de tout le matériel et des consommables de l’établissement)

Les préparateurs de matériel (approvisionnement des services en matériel)

Les agents administratifs : secrétaires des médecins, standardistes, agents de facturation, agents de pré-admission et d’admission, personnel des ressources humaines

Les diététiciennes

Les orthésistes (en charge des prothèses)

Les cadres de services de soins

La direction

Les étudiants : infirmiers, aides-soignants, kiné…

Les auxiliaires de puériculture

Les sages-femmes

Les techniciens du bâtiment et les techniciens biomédicaux (pour le matériel médical)

Les agents de sécurité

Le service qualité

Les assistantes sociales

Ce que je viens de vous expliquer dans cette partie est très important. Cela parait banal, mais c’est en partie le bouleversement de votre quotidien et de vos habitudes qui vous stresse parfois.

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