Anaïs ou mllexnaanahh

Anaïs a 25 ans et se bat contre un cancer du sein

Merci Anaïs de nous raconter ton histoire su Café Cancer

Instagram : @mllexaanahh

Quelle était ta vie « avant » le Cancer ?

 

Avant tout ça, j’étais une maman au foyer de deux petits garçons : au moment de la découverte de mon cancer, mon grand avait trois ans et mon petit six mois.
Mes journées étaient rythmées de sorties d’école, de biberons, de changes, et de toutes les tâches d’un foyer.

Je passais mon temps libre à dessiner, à peindre le papier, pour un jour, dans mon but ultime, devenir tatoueuse.

 

Comment as-tu découvert ton Cancer ?

Oulala !! Pour moi cela s’est fait en deux temps.

Quelques ponctions et mesures plus tard, on m’apprend que j’ai un adénofibrome atypique de 6 cm. Ce dernier est bénin mais au fil des années, il peut devenir malin

En juin 2009, j’ai senti une boule. Ma maman a tout fait pour que je passe les examens au plus vite. Quelques ponctions et mesures plus tard, on m’apprend que j’ai un adénofibrome atypique de 6 cm. Ce dernier est bénin mais au fil des années, il peut devenir malin et se multiplier telle une grappe de raisin.

                        

Les années ont passé. Je faisais surveiller évidemment…Et début Novembre 2018, je sens que la boule a doublé de volume. Je sens toutes ses imperfections.

Et de nouveau, je passe tous les examens : prélèvement cytologique, scanner….

J’ai attendu les résultats sans vraiment me demander ce que j’avais car je savais au fond de moi que c’était ce que je redoutai le plus.

Le 26 Novembre 2018 (à trois jours de mes 24ans), c’est tombé tel un couperet, net et précis, sans détour : cancer du sein stade III localement avancé.

Le 26 Novembre 2018 (à trois jours de mes 24ans), c’est tombé tel un couperet, net et précis, sans détour : cancer du sein stade III localement avancé.

Et la première chose que j’ai faite a été de penser à mes deux enfants, et de me dire « Ne lâche rien ».

 

Comment se passent les traitements ?

Mon oncologue m’a fait commencer par de la chimiothérapie (pemetrexed) et un traitement médicamenteux en parallèle (cyclophosphamide). Cela a duré quelques mois, puis il a rajouté de l’immunothérapie.

Franchement, je n’ai jamais été autant malade de toute ma vie. C’est comme une mauvaise grippe … avec du mal à marcher, tenir debout, nauséeuse, aucun goût à rien. J’ai également perdu des cheveux ainsi que des sourcils.

Je n’ai jamais été autant malade de toute ma vie. C’est comme une mauvaise grippe … avec du mal à marcher, tenir debout, nauséeuse, aucun goût à rien. J’ai également perdu des cheveux ainsi que des sourcils.

Mais cela n’a pas été suffisant. Mes résultats ont vraiment commencé à chuter. Le 11 Octobre 2019 j’ai subi une tumoréctomie.

Depuis je fais de la radiothérapie ainsi que le traitement médicamenteux. Je suis toujours autant malade,  « mode zombie complet ». Des fois mon mari ne me reconnait même pas, y compris dans ma façon d’être.

En janvier 2020, je vais savoir si je dois subir une mastectomie. Je sais déjà que durant l’année qui arrive je vais également subir une hystérectomie pour éviter que vilain crabe ne « pousse » à d’autres endroits à risque.

Comment a réagi ton entourage à l’annonce de ton Cancer ?

Mon mari a eu du mal : comme si il fuyait la situation… Il a perdu des membres de sa famille de cette maladie. Mon cancer l’a replongé dans le douloureux. Il se sent impuissant. Même à l’heure actuelle quand on a su que cela se dégradait.

Un jour, il s’est assis à côté de moi, et m’a demandé si j’allais mourir. Il a aussi ajouté qu’il avait besoin de sa maman, et qu’il ne voulait pas être que avec son papa et son petite frère.

Mon grand garçon : je lui ai juste dit que j’étais fatigué sans lui dire pourquoi. Un jour, il s’est assis à côté de moi, et m’a demandé si j’allais mourir. Il a aussi ajouté qu’il avait besoin de sa maman, et qu’il ne voulait pas être que avec son papa et son petite frère.

Les enfants ont cette capacité à sentir les choses… C’est ce que j’ai entendu de plus dur depuis que je sais que je suis malade.

Mes ami(e)s ne s’y attendaient pas  du tout.  En plus, j’ai attendu quelques semaines avant de leur dire. Ils m’ont toujours connu avec le sourire, « la déconnade ». En me voyant « cassée», ils ont vite compris que ce n’était pas pour rire…

Cela a fait un coup à mes parents, ainsi qu’à ma petite sœur. Chez nous, on n’exprime pas beaucoup ce que l’on ressent : je sais juste que cela les a brisés à l’intérieur. Le jour où j’ai appris que je me faisais opérer, on enterrait ma grand-mère qui venait de décéder de cette même maladie…

Et j’ai su sur qui je pouvais compter ou non : cela a permis de faire un tri sur les personnes vrais et les hypocrites. La maladie fait ouvrir les yeux.

 

Comment est ton quotidien aujourd’hui ?

Mon quotidien est un peu dur mais j’essaye de garder le même rythme qu’avant. Je vis douloureuse chaque jour, mais je reste au maximum disponible pour mes enfants et mon mari. Nous ne nous promenons peu, voire plus du tout, car je suis essoufflée et douloureuse, et cela nous manque.

J’ai une aide deux fois par semaine surtout pour s’occuper des aller-retour école pour mon grand. Mon mari fait le ménage du coup haha J.

Mes proches, que ce soit ma famille ou mes vrai(e)s ami(e)s, sont une bouffée d’oxygène : un fou rire, un café, une coupe de cheveux, ou un repas ensemble…

Nous aimerions acheter pour avoir enfin notre chez nous et notre tranquillité. J’aimerais faire une dépendance pour peut être me lancer dans mon rêve. Et un jour, si possible, agrandir la famille par n’importe quel moyen qui soit.

Quel message aimerais-tu faire passer à une personne qui vient d’apprendre qu’elle a un Cancer ?

De toujours se battre. D’affronter, tel un combat sur le ring, et de coucher cette foutue m*****.

De toujours se battre. D’affronter, tel un combat sur le ring, et de coucher cette foutue m*****.

Et également d’essayer de ne pas se renfermer sur vous-même : c’est important d’être entouré par vos proches (familles, ami(e)s), et de leur amour. Vous aurez besoin d’eux avant, pendant et après ; psychologiquement c’est énorme.

Il faut toujours voir une touche de couleur dans un monde si gris.

 

Et quel conseil aimerais-tu donner à ses proches ?

 

Essayer d’être au maximum présent physiquement et psychologiquement, même si la personne vous repousse.  Un message, un café, une blague : ça fait tellement du bien.

Lui demander comment il va, même si vous savez la réponse.

Faire front avec lui, car le plus souvent la personne malade croit qu’elle est seule.

Montrer lui tout le positif que vous pouvez même par temps d’orage.

Ne lâchez jamais !!

Peut-on te suivre sur les réseaux sociaux ?

Oui avec plaisir

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