La fin de vie 

 Les considérations spirituelles

Impossible de guérir, de s’en débarrasser de ce crabe. Le cancer est « avancé »,  « évolutif », ou encore « terminal », comme disent les professionnels. «Il est temps de prendre vos dispositions » ont dû entendre certains… C’est une période difficile, pour le patient, et aussi pour son entourage. Le malade, vaincu, se retrouve confronté à la fin de son existence, à sa condition d’être mortel, tandis que les proches sont démunis, bien souvent submergés par le chagrin. Toutes les fins de vie ne se ressemblent pas. Certaines sont soudaines, précipitées. D’autres arrivent progressivement. Mais quoi qu’il en soit : c’est la fin, la fin d’une vie.

 

Les considérations spirituelles

            La souffrance spirituelle est complexe et souvent difficile à évaluer. Nous ne sommes pas que des personnes physiques et à l’approche de la mort, nous avons souvent des questionnements spirituels intérieurs qui amènent sur des questions existentielles sur la signification de la vie et de la mort. Toute personne qui fait face à sa mort désire que sa vie ait eu un sens ou un but.

 

Le passé, le présent et l’avenir

Le passé, ou  la revue de sa vie

            Partir en paix est une des aspirations principales d’une personne en fin de vie. La solitude inévitable du malade, son immobilisation physique, ces inquiétudes et ces angoisses l’amènent à se poser des questions sur l’existence qu’il a vécu, le sens de sa vie et le pousse à un retour sur son passé, son histoire personnelle. Etre confronté à la mort oblige à une réflexion profonde. Ces questionnements spirituels dépassent le contexte religieux.

Certes, cette revue de vie permet de se remémorer les grands moments et les grandes joies, mais elle s’oriente aussi vers tout ce qui pourrait empêcher de partir en paix. Il peut s’agir de regrets, de non-dit, ou encore de colères, ou bien de réconciliations ou de pardons, ou simplement dire tout ce qui n’a pas été dit. Reconnaitre ses erreurs, ses manquements et les exprimer, à l’écrit ou l’oral, permet de se libérer, d’être plus léger. Tenter de réparer, c’est tenter d’être satisfait de sa vie, et d’aspirer à un sentiment d’accomplissement, nécessaire pour partir en paix.

Le présent, ou le cheminement intérieur

Le mourant passe par des hauts et des bas, des avancements et des reculs, il est vulnérable et mène un combat intérieur entre une partie de lui qui s’accroche à la vie et qui a peur de l’inconnu et une autre qui cherche à s’en libérer.

Il est dans la réalité de la finitude de notre existence et apprivoise petit à petit l’idée de sa mort prochaine. Les derniers jours veulent souvent être vécus entourés des proches qu’il aime et qui l’aiment. Petit à petit, il se détache de sa vie, de son existence. D’abord des biens matériels, et puis, progressivement il désinvesti des relations. C’est pourquoi certains, pour ces derniers instants, préfèrent être entourés uniquement d’une ou deux personnes, en ayant préalablement dit au revoir aux autres membres de son entourage.

Le futur, ou la peur de l’inconnu

L’inconnue de l’avenir. Après la mort ? Une énigme pour tout le monde.  Mais lorsque l’on a le temps d’un mourir digne, comment ne pas y penser, ne pas s’interroger. Les croyances, les rites et les cultes influeront lourdement. Si la personne a déjà une pratique spirituelle, ses besoins seront plus présents, plus important et doivent bien sûr être respectés et honorés. Les besoins spirituels peuvent aussi apparaitre avec la peur de la mort… mais dans tous les cas, ils doivent être respectés. Ils peuvent grandement l’aider à trouver la paix intérieure.

L’impact des religions sur la représentation de la mort

Religion et spiritualités sont deux concepts différents, qui influent sur la représentation que l’on peut se faire de la mort. La religion est un système de croyance en un seul dieu (ou des dieux). Il en découle un culte, de suivre les rituels ainsi qu’une conduite éthique dans la pratique du bien. La spiritualité est une démarche cognitive de l’homme se caractérisant par la recherche d’un but et d’un sens pour son existence. Mais de manière globale, deux conceptions de la mort s’opposent : dans une conception la mort est une fin et dans l’autre la mort est un commencement.

Le christianisme

Dans la foi chrétienne, la croyance à la survie de l’âme y est fondamentale, ainsi que la croyance en un jugement individuel après la mort. Lors de ce Jugement Dernier, le chrétien va être évalué, jaugé et jugé par son Dieu, et même pardonné. Il détermine la possibilité d’une vie dans l’au-delà, qui sera heureuse avec Dieu, ou malheureuse sans : le Ciel et l’Enfer. Le Purgatoire, est un lieu de purification, car leur vie n’était pas très bonne, puis ils vont ensuite vivre au paradis. Et un quatrième lieu, les Limbes, situés aux marges de l’enfer où les justes attendent la Rédemption.

L’islam

La doctrine islamique soutient qu’après la mort du corps humain, l’existence humaine se poursuit sous forme de Résurrection spirituelle et physique. La conséquence de la mort du corps est la séparation de celui-ci avec l’âme. L’âme, des lors, entre en sommeil jusqu’au jour de la Résurrection. On retrouve dans l’Islam la dualité du Paradis et de l’Enfer, comme dans le Christianisme.

Le Judaïsme

            Le Judaïsme possède un texte sacré, la Torah. Le respect des commandements de la Torah définit le poids de l’âme : plus les actions sont bonnes, plus haut s’élèvera l’âme vers le Ciel. A l’inverse, le cumul des péchés alourdit l’âme qui peut alors errer sur terre.

Le Bouddhisme

 

Pour le bouddhisme, la mort ne s’oppose pas à la vie mais se définit comme un processus inverse de celui de la naissance.  Au moment de la mort, l’esprit quitte le corps présent et s’en va vers le suivant. L’esprit, avec toutes les tendances, les préférences, les capacités et les caractéristiques qui ont été développées et conditionnées pour cette vie, se réincarnent dans un nouvel être. La personnalité va changer et être modifiée par le conditionnement de divers facteurs comme l’éducation ou l’environnement social, mais une fois de plus à la mort, il se réincarnera dans un nouvel être. Pour sortir de ce  processus de mort et de réincarnation il faut se libérer des causes de la souffrance que sont les perturbations mentales et leurs empreintes en purifiant notre esprit. Lorsqu’il atteint ces conditions, au lieu d’être renaître, l’esprit atteint un état que l’on appelle le Nirvana.

Les Athées

            Les Athées sont des personnes qui ne croient pas en Dieu, et qui ne considère pas comme sacré les propos et écrits faisant états de phénomènes surnaturels. Au moment de la mort, c’est plutôt la fin des souffrances qui est invoquée. Etre athée, ne signifie pas de ne pas avoir de croyance spirituelle.

Pour en savoir plus :

La fin de vie : les considérations éthiques : ici

La fin de vie : La notion de souffrance totale : ici

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