Véronique a 50 ans et se bat contre un cancer du sein.

Merci beaucoup véronique de nous raconter ton histoire sur le blog de Café Cancer.

 

Instagram : @veroetsoncombat

 

Dans quelle circonstance as-tu découvert son cancer ?

 

J’ai découvert mon cancer du sein tout début janvier 2020, j’ai 49 ans. Là où tout le monde se souhaitait une bonne année et surtout une bonne santé, moi ma vie basculait. Un contrôle mammographie et échographie ont tout changé. Je n’avais rien senti sinon une grande fatigue depuis quelques semaines, des signaux d’alerte. La biopsie est intervenue le lendemain et j’ai très vite su que j’avais un cancer. C’est terrible à dire mais cela ne m’a pas étonné. Comme si j’étais programmé et surtout comme si c’était mon tour… Mon père est mort lorsque j’avais 23 ans après 4 cancers et ma maman après un cancer du sein est décédée il y a 7 ans d’un sarcome, cancer complexe… Elle est partie en 4 mois et demi. Alors voilà… J’allais également connaître ça j’avais l’impression d’être préparé comme si depuis longtemps je savais que ça allait arriver…

 J’ai découvert mon cancer du sein tout début janvier 2020, j’ai 50 ans. Là où tout le monde se souhaitait une bonne année et surtout une bonne santé, moi ma vie basculait. Un contrôle mammographie et échographie ont tout changé. Je n’avais rien senti sinon une grande fatigue depuis quelques semaines, des signaux d’alerte. La biopsie est intervenue le lendemain et j’ai très vite su que j’avais un cancer.

Quelle était ta vie « avant » le Cancer ? 

 

Je suis mariée avec un adorable mari et j’ai 3 enfants (une fille et deux garçons). Les aînés sont partis ils travaillent ils ont 26 et 24 ans et le dernier a 18 ans et est en terminale. J’ai une vie professionnelle épanouie et active. Je travaille beaucoup je vois beaucoup de monde je fais beaucoup de kilomètres. Je vis à 100 à l’heure. Nous sortons beaucoup avons des amis. Le bonheur est là et je me sens bien. Mon milieu professionnel  m’a énormément aidé et soutenu. J’ai travaillé jusqu’à la veille de mon opération depuis ne se passe pas un jour sans que j’ai un appel ou un message d’un de mes collègues. Pour ma famille c’est pareil j’ai été énormément soutenu j’ai bien tenu grâce à eux.

 

Comment as-tu découvert ton Cancer ? 

 

Ma maman ayant eu un cancer du sein je suis donc suivie assez régulièrement depuis mes 40 ans. Tout début janvier 2020 je me décide d’aller faire une mammographie. C’est la 5e ou 6e que je fais et est-ce parce que nous sommes le 2 janvier, lendemain du réveillon, je me rends à la mammo très sereine sans aucune arrière-pensée ni appréhension.

Je ne comprends pas tout quand le radiologue me parle de boule au contour flou… Quand je le questionne et lui demande si c’est grave il me dit : mais biensur Madame ça peut être un cancer… Je ne retournerai jamais voir ce radiologue je ne comprends comment on peut avoir aussi peu de tact alors qu’on est un professionnel de santé…

Je suis sidérée et je comprends très rapidement que les mois à venir risquent d’être compliqués …

Je ne comprends pas tout quand le radiologue me parle de boule au contour flou… Quand je le questionne et lui demande si c’est grave il me dit : mais biensur Madame ça peut être un cancer… Je ne retournerai jamais voir ce radiologue je ne comprends comment on peut avoir aussi peu de tact alors qu’on est un professionnel de santé…

Je suis sidérée et je comprends très rapidement que les mois à venir risquent d’être compliqués …

 

Comment se passent les traitements ? 

L’annonce est faite le 9 janvier et le 23 on m’opérait d’une tumorectomie et d’un curage partiel des ganglions. Au départ lorsque j’ai rencontré le chirurgien le retour de la biopsie était assez satisfaisant. Cancer du sein grade 1 plutôt sympathique on va dire ! Pour lui pas de chimiothérapie en vue que des rayons. J’avoue que cette situation me satisfaisait. Il faut dire que comme j’ai expliqué plus haut mes parents sont décédés tous les deux de cancer. Mais surtout c’est après une cure de chimiothérapie, celle de trop que chacun a perdu ses forces et est parti très vite. C’est pourquoi la chimio et moi on n’est pas copain. Et que cette perspective me stressait énormément. Beaucoup plus que l’annonce. Finalement pour moi avoir un cancer j’allais y arriver mais faire de la chimio non…

Cancer du sein grade 1 plutôt sympathique on va dire ! Pour lui pas de chimiothérapie en vue que des rayons. J’avoue que cette situation me satisfaisait. Il faut dire que comme j’ai expliqué plus haut mes parents sont décédés tous les deux de cancer. Mais surtout c’est après une cure de chimiothérapie, celle de trop que chacun a perdu ses forces et est parti très vite. C’est pourquoi la chimio et moi on n’est pas copain. Et que cette perspective me stressait énormément. Beaucoup plus que l’annonce. Finalement pour moi avoir un cancer j’allais y arriver mais faire de la chimio non…

Une fois que l’opération a eu lieu et que les résultats sont tombés j’étais passée en grade 3 métastases dans les ganglions bilan d’extension à faire… Et là on parle de chimio. On me dit qu’il faut que je me soigne j’aurai 12 cures, 3EC et 9 TAXOL. J’ai beaucoup pleuré j’étais sidérée, j’avais vraiment peur. Je crois que c’est là que j’ai compris que j’étais malade et que j’avais un cancer avant je l’avais intégré mais de façon très cool je pense. Forcément, la chimio a été dure intense. Les trois EC particulièrement. J’ai été malade, très fatiguée, j’avais l’impression que jamais mes forces ne reviendraient. Depuis je garde des séquelles des taxol avec beaucoup de fourmillements dans les mains et ça c’est très pénible. Aujourd’hui, j’ai terminé la chimiothérapie depuis 1 mois et je commence 33 séances de radiothérapie fin août. Puis ensuite j’aurai droit à l’hormonothérapie.

 

 

Est-ce que ton quotidien a changé ? 

Tu passes de la suractivité avec un boulot que tu adores et une vie qui te plaît énormément à un statut de malade… Tu dois accepter ton corps qui change également. Heureusement j’ai été énormément soutenue. […..]  Tout cet amour et cette amitié qu’on m’a donnée je ne l’oublierai jamais. Cela aide énormément pour la guérison dans l’envie de se battre. Certaines personnes se sont manifestées auprès de moi alors qu’il y a longtemps que je ne les avais pas vu et sont revenues dans ma vie ça m’a fait beaucoup de bien. D’autres bizarrement n’ont pas eu les mots et ont disparues… Le cancer fait peur…

 

Bien sûr ton quotidien change. Tu passes de la suractivité avec un boulot que tu adores et une vie qui te plaît énormément à un statut de malade… Tu dois accepter ton corps qui change également. Heureusement j’ai été énormément soutenue. Mon mari en première ligne est merveilleux il ne sait que faire pour me faire plaisir et m’aider. Mes enfants également, j’ai une relation très forte avec eux et ma fille qui est également infirmière est énormément présente pour moi. Tout cet amour et cette amitié qu’on m’a donnée je ne l’oublierai jamais. Cela aide énormément pour la guérison dans l’envie de se battre. Certaines personnes se sont manifestées auprès de moi alors qu’il y a longtemps que je ne les avais pas vu et sont revenues dans ma vie ça m’a fait beaucoup de bien. D’autres bizarrement n’ont pas eu les mots et ont disparues… Le cancer fait peur…

 

 

 

Comment est ton quotidien aujourd’hui ?

  Pour moi c’est difficile d’avoir le statut de malade je n’aime pas ça je ne me retrouve pas ce n’est pas moi. Alors je fais tout pour essayer d’avoir la banane ou du moins ne pas montrer quand ça ne va pas. Je ne fais pas forcément de projet. Je trouve qu’il est difficile de se projeter. Cependant, moi qui ne voyais pas les jours défiler,  j’ai appris à me concentrer sur moi et à me recentrer. J’espère être désormais plus ouverte aux autres et j’aimerais pouvoir plus tard aider les gens dans la maladie.

Aujourd’hui je me sens plutôt bien. Ceci parce que je suis entre deux traitements et que j’ai l’impression d’être à nouveau normale. Cette pause est vraiment salutaire pour moi et je mesure ma chance.  Pour moi c’est difficile d’avoir le statut de malade je n’aime pas ça je ne me retrouve pas ce n’est pas moi. Alors je fais tout pour essayer d’avoir la banane ou du moins ne pas montrer quand ça ne va pas. Je ne fais pas forcément de projet. Je trouve qu’il est difficile de se projeter. Cependant, moi qui ne voyais pas les jours défiler,  j’ai appris à me concentrer sur moi et à me recentrer. J’espère être désormais plus ouverte aux autres et j’aimerais pouvoir plus tard aider les gens dans la maladie. Peut-être par le biais d’associations… J’ai toujours eu cette envie car j’ai accompagné mes parents et désormais je suis passée par là…

 

Quel message aimerais-tu faire passer à une personne qui vient d’apprendre qu’elle a un Cancer ?

 

L’annonce du cancer ou pour ma part des traitements est une épreuve car on bascule dans un univers complètement inconnu.

Il faut être bien entouré par sa famille ses amis. Mais également je trouve beaucoup de soutien dans les réseaux, Instagram ou Facebook en discutant avec des femmes qui également un cancer du sein. On se comprend et on se parle ouvertement !

J’ai tissé des liens très fort avec certaines et cela m’aide au quotidien.

 

Et quel conseil aimerais-tu donner à ses proches ? 

 

La personne qui va accompagner un malade peut être parfois maladroite. Quand on est malade on est à fleur de peau on est souvent traversé par des montagnes russes de sentiments. On veut être traité comme avant et en même temps notre vie a changé.

Et pitié plus de phrases du style : tu as un cancer du sein ?  Oh mais ça se soigne bien maintenant !  La chimio ? Oh mais maintenant les traitements sont moins lourds… non !!! Il n’y a pas de gros cancer ou de petit cancer, face à la récidive on est tous pareils.  Tous les jours des femmes meurent du cancer du sein… Alors il faut faire attention ce qu’on dit aider une personne malade C’est écouter l’accompagner. Mais pitié plus de phrase toute faite à la noix….

J’aimerais également que les personnes qui accompagnent ou qui soutiennent des personnes atteintes de cancer se rendent compte du tsunami qui est en train d’arriver. Et pitié plus de phrases du style : tu as un cancer du sein ?  Oh mais ça se soigne bien maintenant !  La chimio ? Oh mais maintenant les traitements sont moins lourds… non !!! Il n’y a pas de gros cancer ou de petit cancer, face à la récidive on est tous pareils.  Tous les jours des femmes meurent du cancer du sein… Alors il faut faire attention ce qu’on dit aider une personne malade C’est écouter l’accompagner. Mais pitié plus de phrase toute faite à la noix….

 

 

Peut-on te suivre sur les réseaux sociaux ?

@veroetsoncombat

Merci à vous de m’avoir laissé m’exprimer.

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